mardi 16 octobre 2018

Giorgio Fontana - Mort d'un homme heureux

Milan, 1981: le jeune juge Giacomo Conalghi enquête sur l'assassinat, quelques mois plus tôt, d'un membre de la Démocratie chrétienne. Il est lui-même catholique et a une foi profonde et puissante.

En parallèle, l'auteur nous narre le destin de cet ouvrier communiste pendant la seconde guerre mondiale, résistant dès 1943.

Ces deux histoires, ces deux destins racontent l'histoire tragique de l'Italie du 20e siècle: celle tout d'abord de la seconde guerre mondiale, de ses atrocités et de la dictature de Mussolini, et, ensuite, celle des groupuscules d'extrême gauche tels que les Brigades Rouges, célèbres pour, notamment, l'assassinat de Aldo Moro en 1978 alors que ce dernier était président du Conseil national de la Démocratie chrétienne. Cet assassinat m'avait particulièrement marquée, alors que je n'avais pas encore fêté mes 7 ans à l'époque des faits, et a sans doute été le déclencheur de mon intérêt pour ce genre de faits divers historiques.

C'est probablement cela qui m'a incitée à acheter ce livre lors de la Foire du Livre à Bruxelles tout en y rencontrant l'auteur, un jeune professeur de langue italienne à l'université de Tours.

Ce livre est bien plus qu'un roman, il retrace aussi une partie de l'histoire italienne du 20e siècle, dans toute son horreur. Il relate la vie ordinaire d'un juge extraordinaire et la vie extraordinaire d'un ouvrier ordinaire. Cet adjectif "ordinaire" n'a rien de péjoratif, bien au contraire.

Pourquoi un juge extraordinaire? Conalghi est juge, certes, mais il est avant tout un homme avec ses convictions, mais aussi et surtout ses doutes. Il ne prend pas les choses pour "argent comptant" et se fait sa propre opinion notamment en rencontrant les gens, les "vrais" gens.

Le plus étonnant avec ce livre, c'est qu'il est passionnant alors qu'il ne se passe pas "grand chose" dans le sens où il n'y a pas d'interrogatoires musclés à l'américaine, de courses poursuite, etc ... Cela démontre, pour moi, l'immense talent de narrateur de Giorgio Fontana.

Historiquement, c'est un livre riche et documenté, même s'il s'agit d'une fiction; et humainement, c'est une histoire puissante, à la fois dramatique et remplie d'espoir.

 







Giorgio Fontana, Mort d'un homme heureux, Editions du Seuil, 2016, 310 pages

lundi 1 octobre 2018

Carlo Strenger - Le mépris civilisé

Philosophe et écrivain suisse et israélien, Carlo Strenger est membre du comité d'observation du terrorisme. De ce fait, il a commis cet essai où il analyse de manière détaillée et avec moults détails les atrocités de ces dernières années.

Il ne cache pas son attachement à la gauche et est un farouche opposant à l'extrême droite. 

Cela se ressent dans son livre, mais comme il assume totalement, cela n'est pas dérangeant.

L'auteur dénonce la renonciation aux valeurs et à l'esprit des Lumières, sous prétexte du politiquement correct. Il ne l'est pas vraiment et cette vision du monde lui appartient.

Que l'on partage ou non son avis, cet essai vaut la peine d'être lu par les amateurs de ce genre de littérature.

Bonne soirée et bonne lecture!





 

Carlo Strenger, Le mépris civilisé, Editions Belfond, 2016, 151 pages







mercredi 26 septembre 2018

Karine Lambert - Eh bien dansons maintenant!

Même si je n'avais pas trop aimé son premier roman, L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, j'ai voulu laisser une deuxième chance à la romancière belge.

L'histoire est cousue de fil blanc; dès le deuxième chapitre, on devine aisément l'épilogue. Deux personnes âgées, ayant vécu un amour totalement différent avec leur conjoint respectif, finissent par se rencontrer lors d'un séjour en thalasso. Tous les deux veufs ... Vous devinez la suite.

Je pense que ces romans "feel good" ne sont décidément pas pour moi... 

Le récit est bien construit, le style est fluide et constant. Je ne me suis pas ennuyée en lisant ce livre, mais je n'ai pas accroché. Je m'en retourne à mes polars bien noirs ... 

Bonne lecture à toutes et tous!







Karine Lambert, Eh bien dansons maintenant!, Editions JC Lattès, 2016, 282 pages

mercredi 19 septembre 2018

François Médéline - Tuer Jupiter

Grande sensation de la rentrée littéraire 2018, Tuer Jupiter est un roman de fiction politique. Qu'est-ce que c'est que ça? allez-vous vous demander?

Alors que le président de la République française souhaite traquer les fake news; François Médéline en dévoile une et de taille: Emmanuel Macron a été assassiné.

De facture assez décalée, ce qui la rend très efficace, cette histoire mêle non seulement la politique française, mais également la géopolitque dans son ensemble, dans lesquelles l'auteur s'amuse (du moins à mon avis) à dépeindre les personnages clés, qu'ils soient de l'est ou de l'ouest, en forçant un peu (ou peut-être pas du tout) leurs traits.

Le livre commence par l'enterrement du président, le 2 décembre, date anniversaire du couronnement de Napoléon Ier, il y a quelques 214 années de cela. Quelle date explicite pour ce président qui a été le premier en tout, ou presque ... La suite de l'histoire se compose d'un retour en arrière à chaque chapitre, jusqu'à arriver à la genèse du crime. Sur ce point, cela m'a fait penser à la série policière Columbo: le coupable, le mobile, la manière dont est tuée la victime sont connus dès le commencement du téléfilm et l'intrigue réside dans le cheminement qui mène le célèbre lieutenant à la compréhension et à la résolution du méfait. Il en va un peu de même avec ce roman, même s'il y a plus de personnages que dans la série télévisée.

Sur le quatrième de couverture, il est indiqué que l'auteur a passé dix années dans les coulisses de la République: cela transpire à chaque paragraphe car l'auteur montre, en permanence, à quel point il maîtrise les enjeux politiques nationaux et internationaux.

J'ai lu ce roman presque d'une traite tellement il est "prenant" car, bien que l'histoire commence par la fin, en connaître l'origine est presque irrésistible et chaque chapitre est passionnant.

Généralement, je suis déçue par les livres "évènements", mais pas par celui-ci, que du contraire!

Bon après-midi de lectures à toutes et tous.








François Médéline, Tuer Jupiter, Editions La manufacture de livres, 2018, 221 pages

mardi 4 septembre 2018

Xavier de Moulins - Charles Draper

Charles Draper est un homme ordinaire qui mène une vie simple entre Paris, où il travaille, et la campagne où habite sa femme et leurs deux filles. C'est Mathilde, l'épouse, qui a souhaité habiter à la campagne. Charles, propriétaire d'une entreprise de déménagement à Paris, fait donc les aller-retour toutes les semaines.

L'auteur situe le premier chapitre au temps T et fait ensuite un énorme flashback de deux ans. Nous suivons alors la réflexion de Charles sur son couple, ses doutes, ses envies, ses questionnements. Petit à petit, on se rend compte que le personnage est complexe, paranoïaque, s'attache à son image (il fait une fixation sur son ventre qu'il trouve trop gros).

L'histoire est intéressante, mais traine parfois en longueur, notamment lorsqu'il est question du régime alimentaire et sportif de Charles alors que les chapitres sont assez courts, ce qui est donc assez paradoxal. Même si celui-ci est le personnage principal de l'intrigue, par moments, il m'a "énervée" car ... on se rend compte que Charles est paranoïaque et que l'image qu'il pense avoir n'est pas tout à fait celle qu'il donne ... Vous me suivez?

Ce livre est donc une lecture agréable, mais ne m'a pas bouleversée. Petit bémol toutefois: le premier chapitre dévoile une bonne partie du dénouement ... 








Xavier du Moulins, Charles Draper, Editions JC Lattès, 2016, 233 pages

mercredi 22 août 2018

Sylvie Goulard - Goodbye Europe

Etant très intéressée par ce qui se passe autour de moi, ce petit livre repéré à la Foire du Livre de Bruxelles m'a semblé utile à lire. J'ai pourtant mis deux ans avant de le commencer.

Sylvie Goulard est députée européenne au moment où sort ce livre. Elle a été conseillère de Romano Prodi lorsqu'il était président de la Commission européenne. Nommée ministre des Armées en 2017, elle démissionne de son poste de députée et, en raison de sa citation dans l'affaire des assistants parlementaires du mouvement démocrate au parlement européen, démissionne du premier gouvernement d'Edouard Philippe en juin 2017, un mois après sa nomination. Depuis janvier 2018, elle travaille à la Banque de France comme second sous-gouverneur. C'est donc avec pas mal de "précautions" que j'ai lu ce livre.

Pourtant, j'aurais pu l'aborder de manière tout à fait naturelle car ce livre n'apporte pas grand chose. Il fait l'apologie de la France et de son rôle primordial à jouer au sein de l'Europe. Le reste n'est pas transcendant. Il s'agit principalement de relayer des faits sans vraiment expliquer le pourquoi du comment.

Certes, en 130 pages, on peut difficilement aller au fond des choses, mais ce livre manque toutefois de profondeur et d'explications.

Bref, je n'ai pas appris grand chose.

En revanche, deux ans après le vote du "oui" au Brexit, il serait intéressant de lire une suite ...








Sylvie Goulard, Goodbye Europe, Editions Flammarion, Collection Café Voltaire, 2016, 131 pages

lundi 20 août 2018

Christina Lauren - Beautiful Bastard

Comme beaucoup de lectrices, j'ai succombé aux lectures "porno chic" ou supposées telles... Je me suis donc lancée dans l'aventure du "Beautiful Bastard", Bennett Ryan en vérité.

Mais s'agit-il d'une aventure? Que dire de cette histoire? En fait, y a-t-il vraiment une histoire? Ce n'est même pas sûr! 

Je n'ai pas du tout accroché aux va-et-vient de Chloé et Ryan, entre leurs "je t'aime moi non plus" interminables.... jusqu'au dénouement cousu de fil blanc depuis la première ligne. Fait notable, et qui me déplaît: les grossièretés à longueur de page. Je ne suis pas "puritaine", mais dans un livre, cela sonne assez mal.

En résumé, c'est un livre à oublier très vite... du moins en ce qui me concerne. Et dire que j'ai la suite de la saga dans ma PAL...

Bonnes lectures à toutes et tous!









Christina Lauren, Beautiful Bastard, Editions Hugo Roman, 2013, 390 pages

dimanche 5 août 2018

M.C. Beaton - Agatha Raisin enquête - Tome 1: La quiche fatale

Comme une série télévisée a été tirée de ces livres, je me suis dit que cela serait une bonne idée de les lire. Présentés comme de dignes successeurs des livres de Agatha Christie, je pensais être comblée.

Pourtant ce ne fût pas le cas. Pourquoi? Tout simplement parce que l'histoire n'est pas très creusée, est même un peu brouillon à certains moments, Je ne dirai pas que c'est mauvais, mais "peut mieux faire". En tout cas, ce n'est pas du tout une historie digne de la papesse du crime! Hercule Poirot s'en serait tortillé les moustaches!

Nombre de références sont faites à Agatha Christie, mais cela ne va pas plus loin.

Agatha Raisin prend sa retraite et quitte Londres. En femme d'affaires aiguisée, elle s'ennuie un peu dans son cottage sis à la campagne. Elle décide alors de participer à un concours de quiche. Mais voilà, Agatha ne sait pas cuisiner et va acheter l'obscur objet du concours à Londres.

Le jour J arrive et Agatha ne gagne pas le concours. Un couple du village, dont monsieur est l'arbitre du concours, emporte un morceau de sa quiche. Il s'effondre après avoir mangé la quiche, mort ... 

Accident? Meurtre? Agatha se lance dans une pseudo enquête, maladroite mais pleine de bonne volonté. 

Elle a cependant un ange gardien: un policier du village qui la surveille discrètement... et lui évitera le pire.

Je pense qu'il me reste deux tomes à lire. Je n'irai pas plus loin.... 

Bon appétit et bonne lecture!









 M.C. Beaton, Agatha Raisin enquête - Tome 1 : La quiche fatale, Editions Albin Michel, 2016, 320 pages

mardi 26 juin 2018

Christian Jacq - La pierre de lumière - Tome 2: La femme sage


Deuxième volume d'une quadrilogie, ce  livre se penche, comme son nom l'indique, sur la femme sage, femme de Nefer le Silencieux qui a fait l'objet du premier tome.

Comme toujours, Christian Jacq nous emmène dans une épopée incroyable, riche en rebondissements et surtout en enseignement. En effet, lors de ces lectures, nous apprenons énormément de choses concernant la vie des Pharaons en Egypte ancienne.

Ramsès II est mort et son fils, Meremptah lui succède. Une nouvelle tâche attend les habitants de la Place de Vérité: construire le tombeau de Meremptah. Cela n'est pas de tout repos pour Nefer car les intrigues se suivent et s'intensifient. Il a un ennemi particulièrement féroce: Méhy, le trésorier principal de la ville de Thèbes et commissaire principal. Doté d'une ambition et d'une jalousie démesurées, ce dernier va tout mettre en oeuvre pour nuire à Nefer; dans cette tâche, il sera aidé par sa femme, Serketa, une messaline prête à tout!

Claire, l'épouse de Nefer est, quant à elle devenue la femme sage du village, qui le protège ainsi que ses habitants. Elle possède de pouvoirs et des secrets surnaturels qui lui permettent de soigner les malades et de chasser les maléfices infligés à la Place de la Vérité.

De nombreux évènements vont venir troubler la tranquillité de la Place de la Vérité: assassinats, inondations, vols, larcins en tout genre ... 
 
Est-ce que Nefer et Claire en sortiront indemnes? Affaire à suivre ...
 
Seul bémol à souligner: certaines descriptions se répètent et finissent par lasser ... à voir si cela se confirme dans le troisième tome.






Christian Jacq, La pierre de lumière, tome 2: La femme sage, Editions XO, 2000, 496 pages

lundi 25 juin 2018

Peter Mayle - Embrouille en Corse

Le quatrième de couverture se voulait prometteur sur le déroulement de l'histoire; les premières pages m'ont vite fait comprendre que les promesses ne seraient pas tenues.

L'histoire de ce milliardaire dont les amis se prennent pour des détectives est totalement irréaliste. Sans doute faut-il lire ce roman au 5e degré, mais je n'ai pas pu aller jusque là...

Francis Reboul, milliardaire de son état, possède une villa située à quelques encablures de Marseille, avec vue mer bien entendu! Un autre milliardaire, russe celui-ci, convoite sa propriété et y met toute (en réalité peu) son énergie pour acquérir cette bâtisse. Il passe tout de suite à la méthode radicale.

Les amis de Reboul, quant à eux, se prennent pour des James Bond en herbe et décident de déjouer les plans de Vronsky, le fameux magnat des affaires russe.

Les personnages ne sont pas du tout creusés, restent très superficiels et sont des caricatures des vacanciers fortunés que l'on peut rencontrer sur la côte méditerranéenne tout au long de l'année; l'histoire est cousue de fil blanc, les clichés abondent et finissent par lasser. Le champagne coule à flots, toutes les 3 à 4 pages... On n'y parle que de nourriture et de boissons, alcoolisées bien entendu car il ne faudrait pas gâcher le plaisir. Et l'intrigue est si mince et si rapidement résolue que l'on peine à croire qu'il y en ait réellement une. Il n'y a aucun suspense, aucun rythme, aucune surprise.

Cette histoire n'est ni plus ni moins qu'un roman de gare, qui se lit (heureusement) rapidement et qui sera oublié tout aussi rapidement. 

Dommage, le titre était porteur d'espoirs ...

Il me reste un roman de cet auteur dans ma PAL; je le lirai mais il sera le second! 

Bonne lecture.








Peter Mayle, Embrouille en Corse, Nil Editions, 2016, 216 pages